Un verre d’eau, un café et une facture svp

Il me couvait depuis des semaines, je le sentais s’installé sournoisement et je ne pouvais rien y faire (ou je ne voulais rien voir). Faire l’autruche c’est bien, mais à long terme ça te retombe forcément sur le coin de la tronche.

Burn out maternel bonjour.

J’ai eu le déclic avec un simple verre d’eau. Il était là, sur la table. Un verre d’eau quasiment vide, constellé de gouttelettes. J’avais pourtant demandé de débarrassé chacun de leur emplacement après le repas. J’ai soufflé et je l’ai posé dans l’évier. Un peu trop fort certainement puisqu’il a explosé. J’ai soufflé de nouveau, les larmes ont surgit sans que je puisse leur dire de resté à leur place. J’ai ramassé les débris de verre, nettoyé les vestiges du repas sur la table de la cuisine et fait la vaisselle.

C’était juste un verre d’eau. Pas de quoi fouetter un chat. Pleurer pour si peu, franchement !

Une montagne de repassage m’attendait mais il pouvait bien patienté encore quelques minutes après la matinée difficile que je venais de passé. Aller à la mairie pour quelques photocopies et revenir avec une nouvelle qui te donne envie de t’allongé sur des rails de chemins de fer. Et tu sais que quand tu t’effondres devant les secrétaires c’est qu’en général ça n’augure rien de bon. Je suis très pudique des larmes mais là je n’ai pas su me contenir. Cette nouvelle facture viendra tenir compagnie aux autres en attendant de trouvé une solution, en attendant que mon dossier caf soit traité depuis 3 mois que j’attends.

J’ai donc pris le temps de me faire un café après le nettoyage du verre, l’ai posé sur la table de cuisine et j’ai passé le balai dans le salon et le couloir. Habituellement je ne ramasse pas mes poussières de suites car une autre tâche m’attends, mais là va savoir pourquoi, j’ai tout ramassé. Il aura suffit de quelques minutes pour que Bouddha fasse un placage en bonne et dut forme à ma tasse de café et la voilà renversé.

J’ai regardé, le sol, Bouddha, puis le sol. Et elles ont de nouveau surgit ces connasses de larmes. J’ai laissé coulé, de toute façon je devais nettoyé le sol. J’ai posé la tasse dans l’évier, de nouveau trop fort puisqu’elle aussi a explosé, j’ai nettoyé le carrelage. Mes larmes se mélaient au café, c’était rigolo la fusion de ces deux liquides.

Dans la pièce d’à côté j’entendais Bouddha hurlait car l’ado essayait de le mettre au lit et l’ado n’arrivait pas à avoir le dessus car Bouddha se débattait de toute la force de ses bourrelets.  Je suis arrivée dans la chambre, en colère après l’ado.C’est vrai quoi, je lui avais rien demandé ! Tiens, prend toi une tape derrière la tête, ça t’apprendras à vouloir m’aider !

M’aider. C’est le mot.

Il voulait juste m’aider, merde. Et moi, la maman qui essaye d’être bienveillante, la maman qui aime ses enfants à en crevé, qui ne vit que pour eux, en guise de remerciement je lui colle une claque derrière le crâne.  Je me suis trouvé con. Non, même pas. CONNE est le mot. Pitoyable même ! Je ne savais pas comment réagir. Mon coeur brisé de maman m’hurlait de lui courir après pour m’excusé et ma connasse de fierté me disait « bouge pas, il s’en remettra ».

Je n’ai pas bouger.

JE N’AI PAS BOUGER !

Je me suis assise dans ma chambre et j’ai pleuré, pleuré, pleuré à m’en desséché les yeux. Pitoyable. Je me sentais pitoyable et pathétique.

J’ai repris le dessus une demi-heure après et je suis descendu retrouvé l’ado au bord de la rivière. Je me suis assise à côté de lui dans l’idée de m’excusé mais les mots sont restés bloqués. Il m’aura fallu presque 5 minutes pour les expulsés. Les mots sortis je suis remontés sans attendre. Je me sentais honteuse, indigne de porter le nom de « maman »

Et j’ai réfléchis.

Ce comportement ne me ressemble pas. Cet accès de tristesses, de larmes et de cris ne me ressemble pas. Et que dire de ce manque de motivation, de faire tout ces gestes du quotidien comme une marionnette dont mon guide me ferait avancé. Que penser de ce manque d’appétit de plus en plus fréquent, de ces sauts de repas de plus en plus rapproché. Se forcer à répondre à des câlins enfantins alors que j’ai juste envie de me mettre sous mes couvertures et pleuré.

Je suis en train de sombré et dans ma chute j’entraîne mes enfants. Ils voient que maman va mal, ils me voient pleuré alors que je m’efforce de me caché, ils voient que maman ne mange pas toujours avec eux (pas faim, pas le temps…).

Et monsieur papa ? Monsieur papa ne voit rien car monsieur papa va mal, il est le seul à aller mal. Monsieur papa m’a dit que j’étais plus heureuse que lui.

Soit !

Alors je me tais.

Et je continue à lui cherché un logement pour qu’il puisse enfin accueuillir ses enfants. Et je continue de lui faire ses courriers pour les organismes. Et je continue la gestion de la maison, des enfants, le ménage, tenté péniblement de payé les factures avec de l’argent que je n’ai pas, courir à des RDV, en voiture quand j’ai de la chance, sinon à pieds, me battre pour que mes enfants aient assez à mangé dans leur assiette.

Pendant que lui va juste travailler.

Mais je me tais, je suis plus heureuse que lui.

Là, maintenant, j’ai qu’une envie. Me choper un billet de train et partir à 1000 km d’ici avec juste un bagage et sans enfants sous le bras. Et me blottir dans les bras de ma petite soeur ❤

A défaut de ça, je ravale mes larmes et mes envies, je continue à faire bonne figure. Jusqu’à ce soir dans mon lit.

 

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24 commentaires sur « Un verre d’eau, un café et une facture svp »

  1. Rachel, mon Poulpe, mon modèle une aiguille à la main… Rachel… je ne crois honnètement pas qu’il s’agisse d’un burn out maternel, je pense qu’on est au-delà. De toujours te battre seule ou souvent, et là, tu dois aussi aider Monsieur papa à un moment où tu aurais juste besoin que l’on t’aide, toi.
    Pleurer n’est jamais un signe de faiblesse. Craquer non plus. Ton ado comprend tu sais, les mamans n’ont pas à être des personnes sans sentiment.
    Je t’embrasse fort, terriblement fort.

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    1. « Normalement » fin de semaine prochaine mon dossier devrait être mis à jour. A cela s’ajoute quelques jours de plus pour le paiement de mes arriérés.

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  2. Tu n’a pas à faire les papiers et recherche de M sieur papa Il est parti il se débrouille non
    Courage il y a des périodes plus difficiles que d’autres je ne te connais pas mais tu m’as l’air d’une sacrée battante
    Coeur sur vous 💖

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    1. Il est pas parti, je l’ai mis dehors. Mais je suis d’accord avec le fait que c’est pas à moi de faire ses démarches.
      Seulement si il ne le fait pas qui le fera ?
      Merci ❤

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      1. Non. Ils ont pris parti dés le début. Ils ne l’ont pas dit directement mais certains signes ne trompent pas.

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  3. Ah là là c’est dur, franchement je ne sais pas quoi te dire à part t’envoyer toutes mes ondes positives parce qu’elles sont toujours bonnes à prendre, non ? Moi quand je lis ça je compatis et je suis aussi admirative. L’énergie que tu déploies jour après jour et ce que tu réussis malgré tout avec tes 4 beaux monstres… Alors oui là tu plies, mais tu ne romps pas et c’est déjà une sacrée prouesse ! Je suis sûre que t’es un sacrée modèle pour eux. Craquer, s’en vouloir, la pudeur et la fierté de ne pas savoir faire ses excuses comme on voudrait, tout ça ils sont bien en âge de le comprendre, sans doute même Bouddha !

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  4. Oh :,( ma fée lée, si seulement je pouvais t’aider !

    Sois fière de la maman que tu es, tu fais tout pour tes princes et tu n’as rien à te reprocher.
    Tu n’es pas une machine, c’est « normal »d’en arriver là vu tout ce qui te tombe sur le coin de la gueule !

    Je te souhaite rapidement du mieux, je t’envoie plein de chaudoudoux ma belle.

    Je pense fort à toi ♥

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  5. pfiouuu c’est dur tout ca…
    il ne faut pas que tu restes seule avec tout ça sur le coeur.
    Tu devrais peut être faire un conseil de famille, réunir tout le monde, mettre tout à plat.
    C’est un peu facile de se cacher derrière un « tu es plus heureuse que moi », et de tout déléguer. A un moment il faut aussi prendre ses responsabilités. Vous etes une famille. Tu ne peux pas la porter seule.
    Je ne suis pas d’une grande aide mais je veux juste de dire de tenir bon. Et en effet, faire un break peut t’etre bénéfique.

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  6. BORDEL !

    J’ai vécu un burn out il y a quelques mois, un matin je n’ai pas réussi à me lever. J’en pouvais plus. Je devais sans cesse tout gérer. Mon fils était malade, il est actuellement en remission. son foie faisait des siennes. Des dettes. Le papa était dans son monde et eu une période d’irresponsabilité. Je devais faire face, j’en avais ras le bol. Ajouté à ça les gens qui se plaignent pour un oui ou pour un non et la j’ai sombrer. J’ai su que ça n’allait plus le jour où je n’ai pas réussi à me lever pour enmener ma fille à l’école. Cest le jour où m’assoir sur mes principes ne m’a plus déranger. Ou je n’avais plus de culpabilité à rester au lit et « louper » le réveil. J’étais juste une mère indigne qui ne méritait rien , chiante et connasse. Je me voyais comme ça.

    Et puis je suis allée chez la pédiatre pour mon fils. Elle m’a regardé longuement et m’a demandé comment moi je me sentais. À priori mal puisque j’ai fondu en larmes en m’excusant.
    C’est la ou j’ai su. Et ou on m’a expliqué ce que j’avais. C’est la ou j’ai été prise en charge par une pedo-psychiatre et une psychologue. Elle m’ont aidé , on a beaucoup parlé. J’allais toute les semaines les voir, on a espacé les visites parce que j’ai réussi à voir la vie autrement mais je suis encore suivie. J’ai réussi à faire le point sur ma vie, je me suis lancée dans les projets que je souhaiter realiser et que je n’arrivais pas à lancer.

    Je ne te dis pas que je suis guéris mais j’ai changé. Au point qu’avec certains amis le courant ne passent plus, enfin j’ai d’autre horizons. Je leur fais subir alors qu’ils n’ont rien demandé mais j’ai besoin de m’éloigner. Et puis je suis une moi nouvelle. J’ai ouvert mon esprit me suis lancé à fond dans mes passions. Je me suis construite de nouvelles habitudes , j’ai chamboulé ma maison, mon quotidien, je me suis changée aussi physiquement maquillage différent, coupage de cheveux. C’est une ère nouvelle.

    Faut faire face. Je sais que ce n’est pas évident mais tu dois faire face. Te faire aider. Éviter les médicaments, ce n’est pas toujours la solution, que tu arrives à te détacher de tout ce qui te pèse. Que tu parles, parles et parles encore. Que tu t’accorde du temps pour toi quand tu sens que tu coule.
    Ensuite après avoir essuyé 3000 € de dettes durant ma 23 ème et 24 ème année et avec deux enfants à nourrir , je te dirais qu’une chose L’argent ça va ça vient.o n à mis deux ans à s’en sortir mais ça y est . Il faut de la patience pour retomber sur ses pattes. Alors va vie parce qu’ On a qu’une vie. Le temps que tu passe à toucher le fond c’est du temps que tu perds à profiter de tes enfants et de ta vie.
    Je te souhaite énormément de courage , n’hésite pas à revenir vers moi. Je n’ai que 25 ans mais crois moi j’en ai écouter des amis , des gens. C’est toujours plus simple de parler à des gens neutre.
    Encore une fois je te souhaite un cargot de courage et je t’envoie une tonne de bisous réconfortant.

    Je te laisse dans les coordonnées du commentaire mon site, et mon adresse mail.

    À bientôt.

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  7. Je ne sais trop quoi dire…… c est vrai que ce monde d enfants et d amour maternel (car ça je n en doute pas te concernant) je ne le connais pas.
    Le raz le bol, le trop plein peut arriver et tu t en rends compte c est le principal. Peux être aurais tu besoin d un échappatoire, d un travail à l extérieur . Là où je bosse une remplaçante a 6 enfants et pour rien au monde elle ne voudrait arrêter totalement, le boulot c est un peu son échappatoire de la maison, et ce sont ces mots, d ailleurs je suis admirative devant elle
    Il ne faut surtout pas que tu te renfermes sur toi même, gueule crie ça fait du bien! ♥♥♥♥♥♥

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  8. Ho ton post me fait monter les larmes aux yeux, ça me rappelle tellement de moments douloureux. Les personnes aux dessus ont raison, prends du temps pour voir quelqu un, Quelqu un à qui parler, pas forcément un psy hein 😉, ça fait du bien de lâcher tout ce qu on a sur le coeur. Il faut pas t en vouloir, nous ne sommes pas des machines. Prends aussi du temps pour toi, faire une activité que tu aimes sans tes enfants, aller voir une copine…. J aurais été pas loin de toi je t aurais embarquée… Je te souhaite plein de courage. Des gros bisous et des câlins ❤️💋

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  9. Bonjour,

    Je suis tombée sur ton blog par le biais de Wonder mômes et si j’avais su que j’aurais eu les larmes aux yeux j’aurais pas venu (clin d’oeil à nos boutonneux lol). J’ai vécu également un burn out en octobre dernier; mon mari était en déplacement et je gérais toute seule la maison et mes 4 enfants en plus d’un boulot de nuit qui me pesait plus qu’autres choses. Je pleurais en passant l’aspirateur ou en changeant mon petit de 14 mois qui préférait regarder le plafond que de voir sa maman pleurer. Et pourtant j’avais tout pour être heureuse : un boulot, aucun problème financier, des enfants en bonne santé et un mari aimant qui m’entourait d’attention lorsqu’il rentrait. Mais dans tout ça j’ai réalisé que je portais trop de choses toute seule et que je me mettait en retrait afin de me concentrer sur le bonheur de mon entourage.

    Prend le temps de te retrouver avec toi, méditer, refaire le point sur tes BESOINS et OBJECTIFS dans la vie. Souviens toi de l’ado ou la petite fille que tu étais : de quoi rêvait-elle ? Y a t-il une coupe de cheveux que tu souhaiterais tester, y a t-il un métier dont tu rêves en secret d’exercer? alors reprends des études. tu veux écrire un livre : fais-le !

    Tout ça pour te dire que certes tes problèmes administratifs, financiers et intimes sont bien réels ; mais prouve à la vie que tu vaux mieux que ça et que tu refuses le sort qu’elle te réserve.

    J’ai quitté mon boulot et vis avec très peu aujourd’hui et malgré cela paye pour une heure de cours de danse par semaine. Je m’occupe de mes enfants et écrit des articles pour mes 2 blogs. Je commence à construire la vie de mes rêves et c’est cette finalité qui me permet d’être heureuse aujourd’hui. Fauchée mais heureuse 😀

    Prend énormément soin de toi dans tous les sens du terme et ne rate aucun rdv avec toi-même. Tu verras à quel point la vie te le rendra 🙂

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  10. Je sais que ton article a 3 semaines et que depuis tu as du remonter la pente. Sache que tu as le droit de craquer, que c’est un besoin. Tu n’as PS besoin d’être forte tout le temps, tu es un être humain. Une maman qui fait passer ses enfants avant elle. J’ai connu ça aussi, je suis divorcée. Mon ex ne me laisse pas tranquille et manipule les enfants contre moi pour me pousser à bout. Il y a peu j’ai avoué a l psy qui suis mon fils que j’avais déjà pensé au suicide. J’ai ce qu’il faut chez moi. Mis je ne l’ai pas fait. Même si actuellement je suis vidée physiquement et moralement. Je me dis que ça va aller mieux, que j’ai un homme qui m’aime et que les enfants m’aiment aussi, à leur façon. Tout ça pour dire que parfois il faut lâcher un peu de lest pour mieux rebondir. Bon courage Rachel, même de loin ( euh très très loin lol) tu as tout mon soutien bises.

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