Ris et vis

Un vendredi 13 novembre 2015. J’ouvre un oeil, puis l’autre. Premier geste comme chaque matin, prendre mon portable et regarder l’heure.

7 h.

Tiens, un message de ma tatouée. Message envoyé à 23 h passé. Etrange.  Je le lirai après ma première gorgée de café.

Je prépare mon café, roule ma cigarette et file dehors m’enfiler les précieux tout en lisant et répondant à M.

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Elle me fait forcément marcher, on attend ce moment, cette rencontre, depuis des mois ! Les efluent bordel ! C’est sûr, elle me fait marcher !

Je rentre au chaud, me blottis dans le canapé en finissant mon café, allume la TV et…

Elle ne me faisait pas marcher. Une déferlante d’images violentes  et des mots que j’aimerai ne pas entendre se déversent et s’impriment dans mon cerveau. Je vois l’horreur de la nuit tandis que je dormais sans me douter une seule seconde de ce qui se passait à quelques centaines de km de chez moi.

Et là, je l’entend, cette petite voix mélodieuse. Mammaaann….maaamman ! Je ravale mes larmes, reste stoïque pour ne pas lui montrer ma peine. Je veux le préserver de toute cette horreur, lui mon tout petit de 18 mois, mon si petit et si doux innocent.  On fait le biberon ensemble, on file se lover dans le canapé, la chaîne d’info tourne encore, je m’empresse de zapper. Il regarde les « cocos », je le contemple et lutte pour retenir ces larmes de chagrin, de colère, d’impuissance et d’incompréhension.

Sans m’en rendre compte, mes pensées s’évadent vers l’année qui vient de s’écouler. Une putain d’année douloureuse pour tellement de monde. Je me surprend à rêver d’un monde sans haine, sans racisme, sans maladies, ou chaque journaliste pourrait écrire ce qu’il souhaite au nom de la liberté d’expression, sans peur des représailles, ou les Guillaume, Asta, Marie, Mathias, Matthieu, Lola, Elodie, Aurélie, et tant d’autres pourraient boire un verre, écoutaient un concert tout en étant sûr de rentrer chez eux, où les Léa, les Aria et tous les autres découvriraient l’amour et auraient un jour des enfants, où être chauve serait un choix et non un fucking cancer.

Une petite main se pose sur ma cuisse, fin du rêve,  retour à la réalité.  Je le regarde et lui fais la promesse de le protéger ses frères et lui. De tout faire pour les préserver de ce monde que je ne comprend plus.  Oui les méchants existent mon Bouddha, mais il y a aussi tellement de merveilleuses choses sur terre, tellement de beautés à découvrir.  Ta vie est belle aujourd’hui, elle le sera demain et les jours suivants. Je t’en fais la promesse. Et quand le chemin sera parsemé d’embûches, nous serons là pour t’aider à avancer.

Ta vie ne fait que commencer ❤

Fait moi crier, hurler, inonde moi de bêtises, de tes rires cristallins. Continuons de jouer à cache-cache autour de ton lit, éclate toi avec tes petits prouts qui te font hurler de rire.

Vis pour moi, pour ton papa et tes frères, vis pour toi. Ris et vis mon Bouddha, la vie est belle ❤

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6 commentaires sur « Ris et vis »

  1. tes écrits m’ont fait pleurer , oui tous ces petits enfants qui doivent voir ces affreuses images a la télé a n’importe quelles heures de la journée, jouez avec vos enfants , profitez a fond de la vie avec eux. très bonne journée a tous et toutes.

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